Bonjour, je m'appelle Hystorika, née d'un père portugais et d'une mère bonobonaise... je plaisante bien sûr, c'est tout ce qui me reste... et toi qui te tient face à moi, en ce moment même, qui contemple mon habit rouge et mon masque blanc tu devrais me remercier pour ce que j'ai fait pour toi !

 

Je sais bien que tu ne m'entends pas. Qui sera capable un jour de briser ce maléfice ? Tout ce que tu vois de moi c'est ce masque impénétrable.

 

Tu es si près de moi que je pourrais te toucher, t'attraper... si seulement je pouvais bouger !

Je sens tes doigts se poser sur les contours cachés de mon visage... je sens ta chaleur... Ah ! Mon dieu ! Pourquoi m'infliges-tu ce cruel châtiment ? Pourquoi à moi ?

 

 

 

Latence (tableau par Jean-Luc Malavieille)

 

— Je suis si vieux mon fils... Et je sens que l'heure de quitter ce monde pour rejoindre celui de l'invisible a sonné. Regarde moi... allongé toute la journée sur ce lit, dans cette chambre obscure, la peau fripée, les yeux presque transparents, les cheveux plus blanc et plus rare que la neige en été... et des souvenirs... ah, des souvenirs à ne plus savoir où les ranger...

 

— Tu es encore en grande forme papa ! Ne dis pas des choses pareilles... tu me fais peur...

 

— Peur ? Pourquoi ? De quoi a? De la mort ? La mort nous fait peur parce qu'elle est cachée à nos yeux et à notre intelligence, alors on invente toute sorte d'espérances ou au contraire de craintes. La mort n'est pas la fin Jean... tout comme la vie n'est pas le commencement...